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Une robe blanche de patience

Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté. Ils criaient d’une voix forte : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre ? Alors il leur fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de patienter encore un peu, jusqu’à ce que fût au complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères, qui doivent être mis à mort comme eux. Et je vis : Quand il ouvrit le sixième sceau, il se fit un violent tremblement de terre. Le soleil devint noir comme une étoffe de crin, et la lune entière comme du sang. Les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme fruits verts d’un figuier battu par la tempête. Le ciel se retira comme un livre qu’on roule, toutes les montagnes et les îles furent ébranlées. Les rois de la terre, les grands, les chefs d’armée, les riches et les puissants, tous, esclaves et hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et les rochers des montagnes. Ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous et cachez-nous loin de la face de celui qui siège sur le trône, et loin de la colère de l’agneau ! Car il est venu le grand jour de leur colère, et qui peut subsister ?
Apocalypse 6,9-17

Ce programme n’est pas du tout alléchant. Pourquoi devrions-nous souffrir jusqu’au martyre pour vivre la foi ? La question est redoutable et la réponse des croyants a varié au cours de l’histoire. Se jeter littéralement dans le martyre comme expression d’une foi absolue ou vivre prudemment sa foi, voire avec une certaine retenue, qu’est-ce à dire sur mes réelles convictions ? Surtout dans un monde occidental qui se laïcise de plus en plus.

L’Eglise primitive vers les années 90 a subi, sous l’empereur Domitien, des persécutions violentes dont l’Apocalypse s’en fait le reflet. En cause, le culte chrétien qui n’inclut pas celui dédié à l’empereur devenu une quasi-divinité. Si les premiers chrétiens subissent la persécution, on assiste aujourd’hui encore à cela, principalement en Afrique et en Asie. La persécution n’est pas liée à une époque mais elle est en lien avec la foi. Ici, le cri des croyants martyrisés jaillit jusqu’à Dieu lui-même : jusqu’à quand Seigneur ? Justice et vengeance sont attendus de la part des martyrs pour marquer la fin ultime attendue, celle du jugement de Dieu, qui sera soulagement et vérité. Or, la seule réponse donnée avant cette fin ultime est le don d’une robe blanche. La robe de la patience qui signifie le salut accordé comme une réalité nouvelle qui advient. Patience, Dieu prépare ce qui pour l’instant se dérobe à nos yeux.

Prière : accorde-moi Seigneur cette patience dans l’épreuve qui est fruit de tes dons et apprends-moi la confiance.

Jean Biondina, pasteur