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Quand Jésus décolle nous atterrissons.

Il n’est pas question d’une ascension sociale, d’une promotion professionnelle, juste du départ de Jésus ; il quitte ce monde mais ne l’abandonne pas. Voici le récit que nous trouvons au début du Livre des Actes des apôtres.

« Les apôtres étaient donc réunis et lui avaient posé cette question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur dit : « Vous n’avez pas à connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » A ces mots, sous leurs yeux, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs regards. Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se trouvèrent à leur côté et leur dirent : « Gens de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Actes 1, 6-11)

Effet cinématographique assuré avec cette description : Jésus discute normalement avec les apôtres, il s’élève dans une nuée divine, les regards se tournent vers le ciel et une voix décrypte ce qui est en train de se passer, elle annonce un retour de Jésus tout aussi génial. Wouaww. Super, non ?

Bon, on va un peu atterrir et rester les pieds sur terre, car c’est bien ce que cherchent à dire les deux hommes de blanc vêtu aux apôtres : revenez sur terre, là où vous êtes appelés à vivre votre espérance.

Les disciples interrogent Jésus et lui les renvoie à une mission bien précise : « vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Ils sont appelés à passer du rôle d’apprenant à témoin. Ils ont charge de propager une bonne nouvelle, non pas de l’imposer mais d’en témoigner. Ils ont vécu avec Jésus, ils ont entendu son enseignement, ils ont vu et partagé les signes de ce Royaume qu’ils attendent, etc. Et Jésus leur demande d’aller partager ce vécu, cette espérance, cette foi avec plus qu’eux-mêmes dans le risque d’une suffisance, d’un repli sur soi.

Cette scène du départ de Jésus vers son lieu divin est absolument nécessaire à la foi. Après un temps d’initiation, de formation, d’approfondissement, les voilà en première ligne : fini le cocooning… à vous de jouer, à vous de vous risquer… une action, une parole… des rencontres. Cela se dit dans le récit par ces détails : « comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait… » les deux hommes en blanc les font sortir de leur léthargie spirituelle qui contemple celui qui s’en va comme l’essentiel de leur foi. Ils regardent Jésus qui se soustrait à leur regard, car c’est trop pénible d’imaginer ne plus le voir. Une sorte de déni de réalité… et si Jésus disparaissait à jamais. Un peu comme pour nous quand nous aimerions conserver intact le souvenir précieux d’un moment unique. Hé les gars… faut vous réveiller, pas de nostalgie, pas de cristallisation de l’histoire dans votre regard. L’histoire est en marche et c’est vous qui allez lui donner vie.

Alors est-ce juste de parler d’ascension pour ce passage des Ecritures ? Ne devrions-nous pas parler plutôt de Retour sur terre ?

Nous aimerions tellement figer le temps dans ces moments qui nous font un bien fou ou surtout ne pas devoir retourner… au boulot comme avant le Covid 19 ? Quand je me sens mal, bousculé par des événements qui me dépassent et que je ne maîtrise pas, j’aimerai tellement être entouré d’une nuée ouatinée qui me rassure… et c’est à ce moment que j’entends une voix – comme celle des deux gars de service – qui me ramène à la dure réalité. Pourtant ce n’est pas du sadisme que ce retour assuré à la vraie vie. Et ici ce passage est accompagné d’une promesse de Jésus qui est précieuse : « vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ». L’Esprit est un don de la part du Christ, un force nouvelle qui n’évite pas le rapport à la réalité mais qui offre un accompagnement intérieur en chaque croyant.e. Il viendra à la Pentecôte que nous allons pouvoir fêter prochainement ensemble dans la joie. L’Esprit Saint est un cadeau à la fois imperceptible, impalpable et tellement vital à l’expression de la foi en soi et dans ce monde. C’est grâce à lui par exemple que nous pouvons croire, espérer, aimer.

Dans votre cheminement spirituel, avez-vous déjà prié le Saint-Esprit ? Vous pouvez prendre le temps dans votre recueillement personnel en l’invitant à vous visiter intérieurement : Viens Esprit de vérité, viens Esprit de vie, viens me visiter.

Jean Biondina, pasteur