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Pas de panique, Dieu veille !

Nous venons de traverser la mer rouge avec les Egyptiens dans notre dos… heu, non, nous venons de traverser, et ce n’est pas fini, une pandémie qui nous a montré combien il est précieux de… A propos, qu’est-ce qui est précieux ? Est-ce la réserve de papier WC les premières semaines ou alors de chanter ou applaudir à nos balcons ? Jésus nous offre cette magnifique leçon de confiance quand il dit :

« … C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Considérez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni cellier ni grenier ; et Dieu les nourrit. Combien ne valez-vous pas plus que les oiseaux ! Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Si donc vous ne pouvez pas même la moindre chose, pourquoi vous inquiétez-vous du reste ? Considérez comment croissent les lis : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui est aujourd’hui dans les champs et qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas, gens de peu de foi ? Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez, et ne soyez pas inquiets. Car toutes ces choses, ce sont les païens du monde qui les recherchent. Votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt le royaume de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne crains point, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. » (Luc 12, 22-32)

Ne vous inquiétez pas pour votre vie… mais si je ne fais rien pour moi et les miens, qui alors le fera ? Est-ce que Jésus est un doux rêveur qui vit de Parole, d’eau fraîche et de festins qu’on lui sert dans les grandes maisons de Pharisiens riches ?

Facile de dire de ne pas s’inquiéter quand on est Fils du Très-Haut, non ? Et pourtant Jésus ne nous provoque pas, du moins pas comme une provocation qui conduit à rendre l’autre en colère, mais peut-être comme une pro-vocation, une sorte d’appel à être autrement.

Jésus nous dit in fine qu’il est préférable de se confier à Dieu et lui faire confiance pour la première partie de la pyramide de Maslow (les besoins les plus élémentaires : nourriture, gite, habillement…), car Lui s’en charge. C’est bien gentil… mais c’est quand même moi qui vais devoir me rendre dans les magasins pour procéder aux achats de la semaine… si j’en ai les moyens.

Une fois de plus Jésus inverse les idées. Il nous invite à faire confiance à Dieu pour nos besoins les plus élémentaires et à chercher le Royaume de Dieu, c’est-à-dire le plus essentiel de la vie, LA VIE. Pour faire court, ce Royaume qui s’intéresse plus à l’autre que d’abord à soi-même. Plus au partage qu’à thésauriser ; plus à l’accueil des autres et leur soutien qu’à consolider sa propre existence. Mais sans jamais s’y perdre car l’amour inclus la dimension de « soi-même » dans une dynamique à l’autre…. devant Dieu.

Mais si j’écoute les paroles de Jésus, à tous les coups cela va toucher à mon inquiétude viscérale de la peur du lendemain. Et en Suisse, on est parmi les pays spécialistes en matière de prévention face à l’avenir. On a de multiples assurances contre toutes sortes de risques, on a des montagnes de réserves de tout genre au cas où nous en aurions besoin. Pourtant certaines assurances rechignent à payer des indemnités contre la pandémie parce que ce n’est pas une simple épidémie… le pan- (c’est-à-dire « tout ») fait une différence. Arguties d’assureurs prêts à encaisser et moins zélés à payer en cas de problème. Pas tous, heureusement. Et à propos des réserves… il manquait des masques de protection pour se protéger contre le virus. En Suisse on prévoit beaucoup mais on ne peut pas tout !!!

On peut le constater de mille et une manière, il nous est quasiment impossible de nous assurer contre toutes les pénuries, de nous garantir contre tous les risques, de ne pas avoir à temps telle ou telle chose.

Alors la parole de Jésus « ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez, et ne soyez pas inquiets » rassemble tous nos soucis par rapport à l’avenir et à sa maîtrise. Il nous invite face à tous ces risques à ne pas être inquiets, à faire confiance.

Si j’écoute mes inquiétudes… que se passe-t-il alors en moi ?

Si j’écoute l’invitation de Jésus à faire confiance… que se passe-t-il alors en moi ?

J’aime cette parole que Jésus ajoute : « Votre Père sait que vous en avez besoin »… il sait, il s’en préoccupe… je peux alors regarder ailleurs… en direction de ce Royaume qu’il me fait découvrir ici et maintenant par les rencontres et les échanges que nous pouvons développer avec les autres. Les yeux ouverts et le cœur bien arrimé à l’espérance, je peux vivre et ne pas seulement vouloir survivre à travers les richesses de ce monde.

Au cours de ces semaines passées, qu’est-ce qui a le plus compté pour vous ?

Dans les semaines à venir, si vous faites parties des gens qui ont suffisamment pour vivre, qu’est-ce qui risque de plus compter pour vous ?

Jean Biondina, pasteur