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Oui

La résurrection de Jésus est un immense OUI de la part de Dieu pour tous les humains de tous les temps. Qu’en est-il de nos oui dans la vie ? Quel est le dernier oui que vous avez prononcé ? Une lettre de Jacques nous donne de quoi y réfléchir, voyez plutôt :

« Mais avant tout, mes frères (et sœurs), ne jurez pas, ni par le ciel, ni par la terre, ni d’aucune autre manière. Que votre oui soit oui, et votre non, non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. » (Jacques 5, 12)

Il est donc des paroles qui engagent toute la personne et peut-être toute la vie de la personne. Prononcer un oui peut coûter cher. Est-ce toi qui a fait … (vous pouvez ici remplir le vide avec des exemples tirés de votre vécu) ? Question qui peut nous placer en situation tellement ennuyeuse que l’on va jurer ses grands dieux que l’on n’y est pour rien, et plus on jure, plus on s’enfonce. On est alors bien mal emmanché.

Ici dans la lettre que Jacques adresse, semble-t-il, à des chrétiens de culture grecque, il aborde des points éthiques plus que doctrinaux. Le rapport entre riches et pauvres, le rapport au monde, la tentation, ce sont des thèmes abordés dans cette lettre de Jacques.

Ce qui m’intéresse à présent c’est sa recommandation sur les prises de position. Que votre oui soit oui. Par cette formule lapidaire, Jacques veut éviter aux croyant.es de tomber dans l’hypocrisie. Une fois oui, une fois non pour une même position, par exemple. Ce qui est aussi souligné, c’est de ne se référer ni au ciel ni à la terre, ni à ce qui est plus grand que soit ni ce à quoi nous pouvons nous raccrocher et qui nous est visible. Mais alors, à quoi s’adosser pour prendre nos décisions ?

Que votre oui soit oui et votre non soit non. Avec d’autres mots, soyez clairs avec vous-mêmes. Vous devez procéder à un choix, il peut être oui ou non ; ici il ne s’agit pas de la valeur portée sur votre choix, mais plutôt sur la position prise. Si je procède à un choix, même si je prends mon temps (car ici il n’est pas question de dire oui ou non dans la précipitation), sur quoi est-ce que je fonde ce choix ? Hé bien… juste sur mon choix, rien d’autre. Dit autrement, une fois que j’ai choisi, il est préférable que je demeure dans mon choix. Ce n’est pas l’option prise qui compte mais qui la prend et pourquoi il la prend à ce moment-là.

Est-ce à dire qu’une fois que j’ai opéré un choix, je ne dois plus changer d’avis ? Non, car s’il s’agit de savoir qui est en train d’agir, et pour quoi il y aurait changement du oui au non ou du non au oui.

Imaginons que je suis dans une réunion où il faut se prononcer et faire un choix. J’ai pris une position et le débat évoluant je choisi le contraire de ce que j’ai dit auparavant. C’est peut-être juste… du moment que JE suis dans mon choix et que JE ne choisis pas selon les autres, tournant comme sorte de girouette à tout vent.

Le texte nous avertit qu’avoir une telle attitude, on tombe sous le jugement. Pourquoi ? Le jugement en grec se dit krisis, ce qui signifie une action ou une faculté de séparer, de distinguer… d’où décision et jugement. On le voit, le terme de jugement contient une part de tri à opérer et aussi une décision qui conduit à une sentence. Or le jugement, c’est que je suis jugé indigne de ma propre parole, car je ne suis pas fiable dans mes choix et par conséquent dans mes actions.

On peut appliquer cela à tous nos choix de vie. Est-ce que JE suis dans mes choix, est-ce que je les assume pleinement ? Ou est-ce que je change d’avis parce ce que je ne me sens pas responsable de mes choix ? C’est le ciel, c’est la terre, c’est la faute des autres.

Dieu nous adresse un immense OUI de la vie pour nous aider à vivre nos propres OUI en toute liberté. N’est-ce pas génial… NON ?

Jean Biondina, pasteur