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Oreille intérieure

La vue et l’ouïe nous mettent immédiatement en contact avec le monde environnant. Sans eux nous sommes petit à petit coupé du monde qui nous environne. C’est pourquoi très tôt le langage de l’oreille a joué un rôle symbolique dans la Bible. C’est le lieu de l’écoute, de l’accueil de la Parole de Dieu qui n’est pas faite que d’audition et de perception. Ecoutez ces trois passages de la Bible qui nous parlent de l’oreille :

« Ecoute ma prière, SEIGNEUR, et mon cri ; prête l’oreille à mes larmes, ne reste pas sourd, car je ne suis qu’un immigré chez toi, un hôte comme tous mes pères. » (Psaumes 39, 12

« J’avais ouï de mes oreilles parler de toi ; mais maintenant mon œil t’a vu. » (Job 42, 5)

« Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui emporta l’oreille droite. Mais Jésus prit la parole : Laissez faire, même ceci, dit-il et, lui touchant l’oreille, il le guérit. » (Luc 22, 50-51)

L’oreille est un orifice qui fait passer de dehors au dedans les sons entendus. Mais c’est aussi le passage qui permet l’écoute de la Parole de Dieu. L’audition n’est pas première dans cette écoute, car on peut être sourd et ouvert à la Parole que Dieu nous adresse. L’oreille est symbole d’une possible attente de Dieu ou alors de surdité qui l’exclu de nos vies. Souvent dans le premier Testament il est question de prêter l’oreille aux commandements du Seigneur… et le peuple qui détourne son oreille, son écoute.

L’oreiller est ce coussin où l’on pose sa tête pour se reposer, pour y placer en repos ses oreilles le temps d’un sommeil, non ? Et quand un conseiller fédéral dit que les aides aux indépendants ne devra pas être un oreiller de paresse, il dit aussi que nous devons être sur nos deux oreilles pour surveiller l’avenir dans nos entreprises. Oreilles, oreillers, tout un vocabulaire symbolique aussi dans nos vies de tous les jours.

Prête l’oreille à mes larmes… quelle belle image. Seigneur, accueille ma fragilité, entends mes blessures, reçois mes souffrances. Prêter… juste un instant, consacre-moi ce moment d’écoute qui me fera du bien, écoute mes larmes, écoute mes joies, écoute mes peines.

Quand au comble de la tension dans le jardin de Gethsémané un homme sort son épée et tranche l’oreille d’un soldat, Jésus répare le mal commis. Pourquoi nous rapporter un fait semblable surtout qu’une oreille n’est rien par rapport à la mort qui attend Jésus. Ici, à nouveau nous sommes en pleine symbolique. L’oreille droite : la droite symbolise la place d’honneur ou la force, la réussite. Et l’oreille nous dit la manière d’écouter Dieu et sa Parole. Couper l’oreille droite et la guérir pourrait signifier que si l’homme s’égare, s’il est incapable d’écouter Dieu au point d’arrêter et de tuer le Christ en croix, Jésus pardonne déjà et permet que l’écoute de la résurrection qui adviendra dans peu de jours soit comprise dans le cœur même des plus endurcis.

Souvent nous avons une oreille distraite aux choses importantes de la vie car nous sommes emportés dans un flot d’actions à mener.

Que votre oreille s’éveille à la Parole de Celui qui susurre à votre cœur des mots d’amour et de réconfort plus vrais que les bruits intérieurs qui nous perturbent et nous reprochent sans cesse nos imperfections.

Dieu n’est pas sourd, il est dans le silence de nos cœurs pour rencontrer notre oreille intérieure. Là il se fait proche, ami, à l’écoute de nos vies.

Jean Biondina, pasteur