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La paix du cœur

L’absence d’agitation de ces jours n’est pas forcément apaisante. La paix intérieure que nous aimerions vivre n’est pas toujours au rendez-vous de nos vies. Jésus promet la paix mais pas comme le monde. Sa paix est-elle autre que celle que nous cherchons habituellement ? Pas celle qui crie avec exaspération… oh fiche-moi la paix ! Réentendons ce verset biblique tiré de l’évangile de Jean :

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. » (Jean 14, 27)

Quand on ouvre son dictionnaire sur le mot de paix, on trouve que la paix est absence. Oui, absence… absence de guerre, de conflit… Bon, heureusement qu’il y a également des notions d’accord, de concorde, d’entente. On parle aussi de paix personnelle comme le repos, la tranquillité.

Jésus est à la veille d’affronter son arrestation et sa mise à mort. Il s’entretient avec ses disciples et les rassure, lui qui est en combat avec le prince de ce monde, Satan, le mal personnifié. Malgré cette bataille spirituelle contre le mal, Jésus est en paix et partage sa paix avec ses disciples.

La paix dans la Bible s’exprime comme bien-être du croyant grâce à Dieu et du bonheur dont il bénéficie. Une sorte d’harmonie dans laquelle il vit au cœur de ce monde créé par Dieu. Le mot shalom, paix en hébreu, désigne le fait d’être intact, complet comme on achève une maison ou même on apaise un créancier. Quelque chose est établi ou rétabli, alors que la guerre instaure le désordre et le chaos. Être en paix c’est aussi être en bonne santé, en sécurité voire en bonne concorde familiale, fraternelle.

Ce qui change avec Jésus, sa paix est celle de la victoire contre le mal, victoire contre le péché qui trouble et détruit toutes les relations interhumaines mais également celles avec Dieu. Si la paix est dans le premier Testament un don de Dieu, elle augmente de sens et de portée avec le Christ par le pardon et la réconciliation qu’il offre par sa mort et sa résurrection. Quand il s’entretient avec ses disciples cette paix est en devenir, alors que pour nous la croix et la résurrection sont accomplis. Il reste que la paix de Jésus est aussi pour nous une promesse car le péché, le mal, n’est pas encore totalement éradiqué de nos vies. La paix du Christ s’exprime par le don de sa vie à la croix et prendra tous ses effets lors de son avènement.

Dit autrement, la paix que Jésus nous offre à travers ses paroles est à la fois effective en nous mais aussi en devenir ; une promesse pas totalement réalisée. Le mal a encore des effets pour les croyant.es et provoque des absences de paix parce qu’il produit des ruptures entre les personnes dues aux incompréhensions, à l’égoïsme qui œuvre encore en nous et entre nous, aux égos qui s’expriment au lieu de servir son prochain. Vous pouvez assez facilement ajouter des éléments à cette liste qui assombrit l’horizon de la paix.

Il n’empêche, et ceci est primordial, que la paix du Christ est une promesse. Comme toute promesse, elle est donnée pour susciter chez celui ou celle qui la reçoit une attention, une réception et une mise en œuvre qui vient bouleverser les inquiétudes qui généralement nous envahissent. Recevoir la paix du Christ en soi, c’est déjà arrêter le moteur des rancœurs et de la pensée qui tourne à plein régime dans notre tête et dans nos tripes (notre deuxième cerveau comme on aime le dire aujourd’hui).

Invitation à réentendre les paroles de Jésus : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. »

Que votre cœur cesse… son cinéma et accueille cette parole apaisante de Jésus.

Il m’est simplement demandé dans un premier temps d’écouter, de laisser descendre en moi ces mots, de les laisser flotter dans mon être en les murmurant comme une respiration bienfaisante. Le reste c’est l’affaire de Dieu et de son Esprit, qui, rappelez-vous, agit comme il veut et où il veut.

Jean Biondina, pasteur