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Je suis presque inébranlable

Encore un psaume du roi David qui décrit le chemin intérieur d’un homme puissant remis en question, en déroute et qui pourtant trouve toujours la trace de son avenir dans la relation à son Seigneur. Écoutez ce psaume 62 :

Oui, mon âme est tranquille devant Dieu ;
mon salut vient de lui.
Oui, il est mon rocher, mon salut, ma citadelle ;
je suis presque inébranlable.

Allez-vous longtemps vous ruer tous ensemble contre un homme,
pour l’abattre comme un mur qui penche ou une clôture branlante ?
Oui, à cause de son rang, ils projettent de le bannir ;
ils se plaisent au mensonge : de la bouche ils bénissent,
mais au fond d’eux-mêmes, ils maudissent.

Oui, sois tranquille près de Dieu, mon âme ;
car mon espoir vient de lui.
Oui, il est mon rocher et mon salut, ma citadelle :
je suis inébranlable.

Mon salut et ma gloire sont tout près de Dieu ;
mon rocher fortifié, mon refuge sont en Dieu.
Comptez sur lui en tout temps, vous, le peuple !
Epanchez devant lui votre cœur ;
Dieu est pour nous un refuge.

Pause.

Oui, les gens du peuple sont un souffle,
les gens illustres, un mensonge.
Quand on soulève la balance, à eux tous,
ils pèsent moins qu’un souffle.

Ne comptez pas sur la violence :
ne vous essoufflez pas en rapines.
Si votre fortune augmente,
n’y mettez pas votre cœur.

Dieu a dit une chose, deux choses que j’ai entendues, ceci :
que la force est à Dieu, et à toi, Seigneur, la fidélité ;
et ceci : que tu rends à chacun selon ses œuvres.

Le chemin spirituel de David qui prie et se livre à son Seigneur peut être remarqué aux étapes qui le conduisent à dire :

je suis presque inébranlable.
je suis inébranlable.
Dieu est pour nous un refuge.

Le psalmiste se sait en sécurité dans sa prière car il ne cherche pas Dieu, il le sait présent et bienveillant. Et ceci le conduit à dire je suis presque inébranlable. Ce « presque » m’intrigue. Comment le comprendre ? On le sent fort comme un arbre bien planté en terre mais ce « presque » dit quelque chose de sa vulnérabilité devant son Seigneur sur qui il peut compter. Ce « presque » montre qu’il désire déposer devant Dieu ce qui le blesse et l’atteint le plus. Il montrera qu’il se sent en danger face à des hommes malveillants qui cherchent à lui nuire ; il semble affaibli quand il emploie l’image du mur qui penche et que l’on plus qu’à pousser pour qu’il tombe. Hypocrites sont ses adversaires du moment qu’il perçoit un décalage entre leurs pensées et leurs actions. Je suis presque inébranlable parce que je me sais fragile face aux attaques de mes ennemis mais soutenu par ce Dieu auquel je peux confier mes craintes, mes peurs, mes limites.

Le chemin spirituel se poursuit et il s’invite lui-même (Oui, sois tranquille près de Dieu, mon âme) à se rappeler que Dieu est sa force et son soutien. Il se souvient que Dieu est fort et que sa force aimante est communicative. C’est de Lui qu’il reçoit le renouvellement de son être intérieur.

Enfin ce qui est profond ici, c’est que sa démarche personnelle est comme diffusée à tout le peuple ; on passe du JE au NOUS, Dieu est pour nous un refuge. David le roi a une aura positive sur tout le peuple, car de la manière dont son être se ressource et se recentre sur l’essentiel, cela aura un effet sur tout son peuple. Nous pouvons le constater aujourd’hui avec certains dirigeants et leur manière de gouverner qui rassure ou non, qui indique une route à suivre ou qui égare ses concitoyens. Et pour nous, cela peut dire que quand on se sent bien avec soi-même, ce bien-être rayonne autour de nous, auprès des autres.

Le psalmiste est sage et lucide en fin de psaume quand il invite celui ou celle qui prie à être prudent quant à l’illusion du paraître ou de l’erreur commune de la violence comme fausse réussite de son existence. Il se tourne vers son Seigneur pour assurer sa vie et ses actions. Il croit que Dieu est à même de voir la totalité d’une vie humaine avec clairvoyance et justice.

Vous pouvez reparcourir ce psaume à partir du repère « Pause » qui se situe au milieu du texte ; vous verrez comment les parties de psaume se répondent entre elles (fin et 2e couplet, avant-dernier et 3e, etc.). La toute première partie du psaume garde sa particularité avec son « Je suis presque inébranlable » qui est la condition de l’humain priant le Seigneur et accueillant sa présence comme une aide et un réconfort au cœur de sa condition humaine toujours fragile.

Quelle est la partie qui vous parle personnellement le plus ? Et pourquoi ?

Jean Biondina, pasteur