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Entends mon cri de détresse, Seigneur de tendresse !

J’aime, lorsque le Seigneur entend le cri de ma prière,
lorsqu’il tend l’oreille vers moi, le jour où j’appelle.

Les lacets de la mort m’enserraient, les filets du shéol ;
l’angoisse et l’affliction me tenaient,
j’appelai le nom du Seigneur.
De grâce, Seigneur, délivre mon âme !

Le Seigneur a pitié, il est juste,
notre Dieu est tendresse ;
Le Seigneur protège les simples,
 je faiblissais, il m’a sauvé.

Retourne, mon âme, à ton repos,
car le Seigneur t’a fait du bien.
Il a gardé mon âme de la mort,
mes yeux des larmes et mes pieds du faux pas :
je marcherai à la face du Seigneur sur la terre des vivants.

Psaume 116, 1-9

Cette prière du cœur¸ vieilles de plusieurs milliers d’années, exprime des sentiments et des attentes qui nous rejoignent. L’humain passe par des chemins qui ont tendance à se ressembler malgré la distance historique.

Le priant exprime toute sa confiance en disant : J’aime, lorsque le Seigneur entend le cri de ma prière. Il se sent en sécurité pour exprimer le fond de son âme, les sentiments qu’il y trouve. Sans fausse pudeur, il raconte sa vie au Seigneur, il l’ex-pose, c’est-à-dire qu’il la pose hors de lui-même, devant l’autre. Et il arrive que lorsque l’on partage à une personne de confiance ce qui se joue en soi, le fait de le partager permet de trouver un sens nouveau parce qu’on l’ex-prime, on le sort de soi. La parole qui devient passage de soi vers l’autre libère les émotions et la charge qui lui est liée. Pour que cela se réalise, il est préférable de se sentir en totale confiance relationnelle.

Le psalmiste arrive à décrire sa situation angoissante à travers cette image des lacets et des filets qui l’enserrent et l’empêchent de respirer. On le sent descendre dans un trou béant qui l’engloutit peu à peu dans une mort certaine. Si ce mal le happe plus encore, il va totalement disparaître. Mais voilà que le cri jeté au cœur de cet abîme traverse le vide de la mort pour monter vers son Seigneur : De grâce, Seigneur, délivre mon âme ! Cet appel au secours est libérateur, car le psalmiste ne compte plus sur ses propres forces mais sur l’aide de plus grand que lui. Il a besoin d’une délivrance, de se retrouver à nouveau libre, de sortir de cette prison intérieure pour laquelle il n’a pas d’autre clé qu’un cri de confiance.

Il croit en un Seigneur de tendresse. Il le perçoit comme un père aimant, ce Dieu qui prend soin du peuple auquel il appartient, mais aussi ce Dieu qui prend soin tendrement de chacun personnellement. Son Seigneur est un Dieu qui s’occupe des faibles, des petits, des vulnérables qui n’ont rien d’autre à lui offrir que d’humbles prières.

Le chant de la fin est l’expression d’une totale confiance : Retourne, mon âme, à ton repos… Le psalmiste s’adresse à lui-même, il réalise que le Seigneur lui a répondu même s’il n’en voit pas encore tous les effets. La relation est celle de la confiance : il se sait soutenu, aimé de son Seigneur de tendresse et peut commencer à conjuguer sa vie avec des verbes au futur. L’avenir est déjà en marche en lui, il avance. Il fait confiance et il vit déjà sur la terre des vivants.

A mon tour, je peux réciter ce psaume pour retrouver un nouveau souffle de vie, car le Seigneur est amour, pardon et tendresse infinie. Il m’accueille et m’écoute.

Jean Biondina, pasteur