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David contre Goliath ou le monde renversé.

Habituellement on attribue la victoire du petit face au grand à travers l’image de David qui combat Goliath et le terrasse. Le frêle pâtre David qui sort de derrière son troupeau de moutons contre le terrible guerrier philistin Goliath, champion toute catégorie qui effraye le peuple d’Israël. En ce temps-là, pas besoin de leur répéter de rester chez eux confinés, ils le sont par la peur. Ils sont terrorisés face à l’ennemi arrogant. Chacun reste à sa place avant l’affrontement fatidique qui donnera enfin la victoire au célèbre David et du coup à tout le peuple. Youpie !

Aujourd’hui, ce n’est pas David contre Goliath dont il est question, mais plutôt du Coronavirus contre l’humanité. Si l’on veut faire correspondre les échelles de grandeurs avec le récit de 1 Samuel 17, on devrait se dire que le petit David qu’est ce minuscule virus vaincra le grand destructeur qu’est l’humain. Virus contre humanus. Et le petit devrait logiquement gagner. Ben, ça n’est pas une bonne nouvelle, qu’en pensez-vous ?

Là où l’image du combat inégal du petit face au champion, de David contre Goliath, trouve une fonction intéressante pour nous, c’est avant tout dans la peur suscitée de l’un par rapport à l’autre. Dans cette confrontation guerrière d’un peuple contre un autre, c’est la peur qui tétanise et empêche d’imaginer une solution au défi lancé. Même le roi Saül n’a pas de solution à soumettre à son peuple, et lorsque le petit David se présente devant lui, il n’apparaît pas à ses yeux comme l’opportunité de vaincre l’ennemi.

David explique alors au roi Saül qu’il défend son troupeau contre les prédateurs (lion et ours) et qu’il a l’habitude du combat. Saül tente alors sa chance en laissant David aller au combat… pourquoi pas après tout. Une fois devant Goliath (là je saute quelques étapes et vous laisse lire le chapitre 17 de 1 Samuel), David entre dans ce combat en disant à Goliath : « Toi, tu viens à moi armé d’une épée, d’une lance et d’un javelot ; moi, je viens à toi armé du nom du SEIGNEUR, le tout-puissant, le Dieu des lignes d’Israël, que tu as défié. » (v.45). David trouve sa motivation en Dieu pour livrer bataille, il y trouve sa force et sa détermination. Je passe sur les détails de préparation au combat et aux menaces proférées contre son ennemi. Si on se dit quelque peu pacifiste, alors il vaut mieux passer au nouveau testament, car là ça va saigner (on censure).

Dans le fond, le message intéressant n’est pas tant petit contre grand, dominé contre dominateur, mais plutôt d’affronter ses propres peurs, les regarder droit dans les yeux, y faire face petit à petit comme David qui d’abord apprend à défendre son petit troupeau pour ensuite mener des combats contre plus grand que lui… ceci en fondant sa confiance en Dieu. Car le vrai combat est avant tout en soi, de soi à soi.

Quand je me trouve dans une situation dont je n’ai pas la moindre idée de comment je peux m’y prendre pour m’en sortir, quelles sont mes ressources intérieures ou extérieures qui me redonneront lucidité et courage ? Jésus qui est fils de David, dans cette tradition biblique du combat, nous montre qu’il a livré plus d’un combat spirituel (tentation dans le désert, contre les Pharisiens, au jardin de Gethsémané, à la croix, etc.) avec des moyens qui semblent dérisoires et qui pourtant ouvrent sur un retour à la vie pleine, éternelle, la résurrection.

Face au Covid 19, nous devons rester lucides et ancrés dans notre foi en Dieu pour inventer des solutions où l’humain quitte sa propre viralité pour s’humaniser, grâce à Dieu. Nous avons encore quelque semaines devant nous pour laisser émerger cette inventivité constructive dans nos espaces relationnels bouleversés. Que Dieu vous y aide.

Jean Biondina, pasteur