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… DANS LE CONFINEMENT, TROUVER DU SENS, SE RESSOURCER, PRIER – 8

10 avril, Vendredi Saint

Parole phare des temps anciens : « Je mets devant toi la vie et la mort, choisis la vie et tu vivras, toi et ta descendance » (Deutéronome 30,15). Jésus faisait des choix de vie et invitait son entourage à faire de même. Il annonçait un Royaume où Justice, équité, et Paix allaient ensemble, un temps où l’Amour du Père l’emportait, et ce Royaume devenait réalité dans ses gestes, ses regards vers les malades, et les guérisons qu’il accomplissait. Dans ces choix de vie il était bienveillant, il suggérait plutôt l’amour que la haine, le pardon que la rancune, la générosité plutôt que le chacun pour soi.

Ça fait 2000 ans que cette éthique traverse le monde. Elle fonde notre société. Choisis la Vie et tu vivras. De son temps, les décideurs ont fait un choix de mort. Ils l’ont cloué sur une croix, comme un malfaiteur, lui qui ne cessait pas de faire du bien. La machine politique et religieuse l’a condamné. Les intérêts des uns et des autres l’ont emporté. Ça fait 2000 ans et plus que des choix de mort se succèdent. Et à chaque fois c’est le Vivant qu’on crucifie, le Christ est à nouveau crucifié dans les choix de mort que nous faisons ou que nous sommes emmenés à cautionner bien malgré nous, parce que la machine et les décideurs l’imposent.

L’humanité avance dit-on.  Ces derniers temps à reculons. Nous nous trouvons en régression. Elles sont multiples les voix qui évoquent les erreurs commises, qu’on a dépassé les bornes, qu’on a besoin de rectifier, on dit que rien ne sera plus comme avant. Les choix de mort se sont accumulés, le plus souvent bien malgré nous : tout au dehors, le matériel, la surconsommation, la recherche du confort, l’imaginaire débordant, le luxe, la surpuissance, la culture de la fuite, du voyage, l’esthétique du meilleur et du parfait, le mythe de l’immortalité, la culture d’une vie sans faille, pas d’échec, le mythe du bonheur facile, à portée de main, et c’est une sur-exploitation des biens qui conduit la Terre vers l’épuisement, et nous avec. Et une fois atteint le bonheur, c’est l’insatisfaction, rien au-dedans, vide intérieur, désenchantement, désillusion, et on recommence… alors qu’au-dedans… si l’on s’arrête, si l’on prend le temps de choisir la Vie, ce sont les fleuves d’eau vive a dit Jésus (Jean 7,38). Et maintenant nous sommes dans l’impasse, cette fois c’est une nouvelle chance qui nous est donnée pour qu’on croie que la liberté fondatrice de notre être vient du dedans de nous-mêmes.

Il s’avère qu’on… qu’ils… auraient pu faire des choix de vie. Ensemble les décideurs, ceux d’en haut et ceux d’en bas nous avons fait des choix de mort. Le Christ à nouveau crucifié. Non seulement là-bas au Gethsémané, mais aujourd’hui aussi, dans le lit de tous ceux qui souffrent et meurent à cause du virus, impuissant dans notre petitesse face au COVID19. L’humain est en crucifixion à chaque fois qu’on fait des choix de mort, à chaque fois qu’on renonce à donner le meilleur de nous-mêmes, à chaque fois qu’on cautionne les chemins larges et faciles au lieu de prendre les plus étroits et difficiles. A la fin il s’avère que tiens ! Ce serait donc vrai ? « Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent » (Matthieu 7,13).

Carlos Capo, pasteur