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… DANS LE CONFINEMENT, TROUVER DU SENS, SE RESSOURCER, PRIER – 6

Lundi 6 avril

Entre 1989 et 1990 les églises de toute la planète furent invitées à rejoindre le processus Justice, Paix, et Intégrité de la Création proposé par la Conférence des Eglises Européennes et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes. Les églises vécurent un temps prophétique. Par ce processus elles prenaient conscience des inégalités économiques et sociales qui étaient à l’origine des conflits entre les peuples, et de la nécessité de retrouver un rapport harmonieux avec la nature. Vu aujourd’hui les églises s’anticipaient pour avertir au monde et aux gouvernants de tous les pays de la nécessité de corriger certaines dérives. Les Églises furent invitées à s’engager dans une réflexion qui se développait en trois axes : Confession des péchés (excusez le concept, je sais, il est désuet, il dérange même, accordez-moi une trêve – merci), demande de pardon, engagement. Autrement dit : prise de conscience, reconnaissance des erreurs commises, et recherche de solutions (ça passe mieux comme-ça). Cette Semaine Sainte, qui nous trouve comme dans une étrange parenthèse, avec cette vision globale du monde malade, pourrait être l’occasion d’y revenir. En bas de la pyramide, j’entends les voix de tant de citoyens et citoyennes avec celle des scientifiques ou des philosophes qui appellent à la conscience pour dire « qu’on a été trop loin… qu’on a dépassé les bornes… qu’il est temps de faire certains réajustements… » Mais je vois aussi qu’en haut de la pyramide les gouvernements et les tenants de l’économie veulent s’empresser de nous mettre un masque lorsqu’on sort dans la rue, même de fortune (voir tutoriaux sur youtube), ou à la cow-boy (moins efficace mais ça va aussi), c’est égal. Une nouvelle recommandation ? Peut-être bientôt. Le fait est qu’il faut se dépêcher de détrôner le virus, pouvoir reprendre les rennes, et que la machine de l’économie redémarre de plus belle. Il y a de, quoi. J’en conviens. Mais on aimerait voir qu’en haut, une fois la pandémie passée (peut-être une trêve) il y ait une prise de conscience, une reconnaissance des bornes dépassées et des nouvelles solutions imaginatives. Autrement l’avenir se dessine de plus en plus sombre et il se pourrait que le scaphandre devienne la mode des générations futures, le tout pour la santé de l’économie. Et celle des humains ? Ah ! Ils n’ont qu’à s’adapter ! Réfléchissons. L’avenir est dans nos mains, dans notre capacité de changer et faire changer les choses.

Carlos Capo, pasteur