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… DANS LE CONFINEMENT, TROUVER DU SENS, SE RESSOURCER, PRIER – 14

Samedi 25 avril

« Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus ». Apocalypse 21,1

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Quel est l’Evangile, la « bonne nouvelle » que nous aimerions entendre ces jours? Que les contagions par le COVID-19 c’est fini… ou… qu’on a pu enfin trouver un traitement efficace… ou qu’un vaccin a pu être développé et testé. Fini le cauchemar, cette sorte de déliquescence dans la quelle on se trouve. Fini le confinement, ce piètre mot qu’on entend tous les jours, qui nous tracasse et qui nous a mis dans une sorte d’état second.

Je vis un nouveau ciel et une nouvelle Terre. Ces mots de l’Apocalypse surgissent au premier siècle au cœur d’un contexte de persécutions contre les chrétiens. Ceux qui restent fidèles au Christ et s’opposent au culte de l’empereur sont produits en sanglant spectacle. C’est le martyre. Les chrétiens sont obligés de se cacher, ils célèbrent Dieu dans la clandestinité. Dans le confinement. Et au milieu de tant de lutte et de souffrance, voilà ces mots : un nouveau ciel, une nouvelle terre.

C’est une vision d’espérance, lumineuse, au cœur de la souffrance, dans l’insécurité. Au milieu de l’injustice, au milieu de l’oppression, la déraison et la terreur, lorsque tout se tourne contre nous, lorsqu’on est obligé de se réduire au minimum, je ne me laisse pas abattre, cette vision vient à moi… Oui, il y aura du nouveau, cette situation ne va pas durer éternellement, au contraire, un nouveau monde va naître, et dans la foi je le vois venir déjà et je me mets en route pour l’accueillir, et je me laisse transformer dans cette espérance.

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C’est la fin du monde… C’est la fin des temps… Des paroles qu’on peut entendre aussi ces jours. On prend le coronavirus comme signe du dernier cataclysme. Le Seigneur viendra et tout sera anéanti. Cette vision du monde a traversé les siècles. On imagine le grand et dernier prodige, Jésus descendant du ciel avec grand fracas, pour anéantir ce monde et emporter les siens. On échafaude le scénario du grand drame. Et c’est terrible. La fin de l’Histoire. On ferme.

Et pourtant Jésus a dit aussi… Des jours viendront où vous désirerez voir l’un des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez point.  On vous dira: Il est ici, il est là. N’y allez pas, ne courez pas après.  Car, comme l’éclair resplendit et brille d’une extrémité du ciel à l’autre, ainsi sera le Fils de l’homme en son jour. Luc 17. C’est-à-dire, une sorte de fulgurance, de l’inattendu, par surprise. Pas le moindre temps pour faire des suppositions, ni des élucubrations, ni de calcules de datation, ni de grandes déclarations dramatiques sur la fin du monde. Martin Luther avait dit que si on lui annonçait la venue du Messie pour demain il planterait un arbre.

Les premiers disciples de Jésus, à Jérusalem, après la mort de Jésus, s’enferment dans l’attente du retour du Christ. Jésus leur a dit avant de partir.  « Je reviendrai. Je vous emmènerai avec moi » Jean 14,3. Et pourtant… les jours passent… et le retour ne se produit pas. Et les semaines, et les mois, et les années se succèdent. Rien ne se passe. La communauté devra comprendre qu’elle va perdurer. Et le vent de la Pentecôte finira par les faire sortir pour aller annoncer l’Evangile aux quatre coins du monde.

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En temps de confinement, là où je me sens impuissant, fragile, dans l’insécurité, je me mets à l’écoute d’une parole qui ouvre l’avenir. Face à la vision d’un monde qui a l’air de s’écrouler une conviction surgit, une certitude, un nouveau regard : Un nouveau monde, une nouvelle terre se prépare déjà, elle est déjà en nous, dans le courage, dans la créativité, dans ma volonté d’aller de l’avant, dans ma capacité de me laisser transformer, dans ce Souffle qui me garde bienveillant et solidaire.

Jésus a incarné l’amour, le pardon, l’amitié. Avec lui le Dieu proche qui colle à ma peau, le Vivant, se révèle à moi. Jésus dans ses paroles et ses actes peut faire surgir en moi un nouveau regard. Dans l’espérance je peux être guéri de mes sentiments d’impuissance.

Je vois un nouveau ciel, et une nouvelle terre. Cette vision, loin de tout scénario catastrophique, vient du dedans et je me laisse habiter par elle, et j’entre dans la joie d’un monde en transformation, déjà maintenant, et je me mets à l’œuvre. Le Souffle de Dieu, déjà maintenant, dans le confinement, peut garder mon cœur et mon esprit ouverts aux nouvelles réalités de demain.

Carlos Capo, pasteur